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En 20 ans, les Parisiens ont perd

u 40% de leurs spermatozoïdes. Et les parisiens ne sont pas les seuls. Villes ou campagnes, nous sommes tous contaminés et en danger.

 

De nombreuses études, européennes et américaines, ont fait apparaître une diminution de moitié du nombre de spermatozoïdes en 50 ans, tandis qu'augmentait le nombre de cancers des testicules et les malformations génitales chez les petits garçons.

 

L'Homme en voie de disparition ?

La question n'est pas anodine. Elle est même posée au niveau mondial lors de différents colloques et conférences, telle que le dernier colloque Européen organisé par le ministère de l’Environnement Français.

Un thème sans ambiguïté :

« Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant ».

En France, le professeur Charles Sultan (interview ci-dessous) avait déjà tiré la sonnette d'alarme en 2001. Ce pédiatre endocrinologue s'est impliqué, en 2002, avec son équipe, dans une vaste étude européenne démontrant « une augmentation considérable de la prévalence des malformations génitales chez des enfants vivant en Camargue, en Languedoc-Roussillon - environnements riches en pesticides », et, parallèlement, une augmentation des pubertés précoces chez les filles. Les pesticides en question sont « œstrogènomimétiques et anti-androgènes ». En clair : ils miment les hormones femelles (œstrogènes) et bloquent l'effet des hormones mâles (androgènes). Diminution de 50 % de la production de spermatozoïdes depuis 50 ans, accroissement, partout en Europe, du nombre de cancers du testicule malformations congénitales de l'appareil reproducteur masculin… L'espèce humaine serait-elle en péril ? Au banc des accusés les quelque 80 000 molécules mises sur le marché par l'industrie chimique, pesticides, fongicides, PCB, phtalates, bisphénols, agissant sur le système hormonal, et qui provoqueraient ainsi une féminisation du monde. La secrétaire d'État à l'Écologie ne nie pas la réalité de la menace et rappelle qu'« en 2005, l'UE a interdit six espèces de phtalates dans la fabrication des jouets pour enfants ». Car ces produits polluants sont partout : jouets, crèmes, biberons, bouteilles en plastique, peintures…

Que sont les phtalates :

Les phtalates sont un groupe de produits chimiques apparentés du point de vue de leur structure à l’acideorganique connu sous le nom d'acide phtalique. Il s'agit d'un dérivé du naphtalène, hydrocarbure aromatique utilisé dans les matières plastiques et produit à partir du goudron de houille ou du pétrole. Ils sont composés d'un noyau benzénique et de deux groupements carboxylates placés en ortho et dont la taille de la chaîne alkyle peut varier.

 

Quelle sont les propriétés du phtalate de dibutyle (DBP) ?

Le DBP est un phtalate présentant la même structure centrale que le DIDP et le DINP mais ayant deux chaînes latérales plus courtes avec quatre atomes de carbone chacune. C’est un liquide huileux soluble dans la graisse et dans une certaine mesure dans l’eau.

 

Comment le DBP est-il utilisé ?

Le DBP est produit depuis plus de 40 ans. En 1998, la production annuelle de DBP dans l’Union européenne était de 26 000 tonnes mais sa production est en baisse (contrairement à celle du DIDP et du DINP). Tout comme le DIDP et le DINP, le DBP est principalement utilisé comme plastifiant dans le PVC utilisé pour fabriquer des films plastiques, revêtements de sol, toitures, revêtements muraux, des tuyaux souples, tubes, cables, semelles de chaussure, des protections de bas de caisse pour les voitures et des mastics. Le DBP est également utilisé dans des produits sans PVC, y compris des adhésifs, mastics, peintures, encres d’imprimantes, lubrifiants, vernis à ongles et parfums, de même que dans des bombes aérosols, où il assure la suspension des corps solides, et la prévention de la formation de mousse.

 

 

Applications industrielles, produits de consommation :

Les phtalates sont utilisés depuis 50 ans et ils sont produits, de nos jours, à raison de 3 millions de tonnes par an. Ils sont présents dans de nombreux produits de consommation. Ce sont des additifs utilisés couramment dans les matières plastiques et d’autres matériaux, principalement pour les rendre souples et flexibles.

La cosmétique est le deuxième domaine d'application des phtalates où ils sont notamment incorporés comme d’agents fixateurs afin d’augmenter le pouvoir de pénétration d’un produit sur la peau ou d’empêcher le vernis de craquer.

L’utilisation, en tant que plastifiants, représente 90% des applications des phtalates. De ce fait, ils se retrouvent dans diverses matières plastiques souples, en particulier le PVC. Alors ils peuvent être présents dans :

  • Produits pour automobile;
  • Revêtements pour les planchers et murs ;
  • Air ambiant intérieur (dégagement de gaz par les revêtements de sols et les meubles revêtus de matière plastique ;
  • Isolants pour câbles et fils souples ;
  • Produits de grande consommation en plastique ;
  • Cosmétiques et produits de soin personnel ;
  • Matériaux médicaux (les phtalates présents dans les matériels de PVC utilisés pour certaines interventions médicales : les fœtus et les jeunes enfants peuvent être exposés à des concentrations relativement élevées de DEHP lors de certains actes médicaux comme la dialyse, les transfusions sanguines et l’ECMO (oxygénation extracorporelle sur oxygénateur à membrane) ;
  • Jouets et produits destinés aux enfants* ;
  • Emballages de la nourriture ;
  • Alimentation

Toutefois, leur utilisation dans les jouets et emballages alimentaires est très réduite en Europe en raison de leur dangerosité. La réglementation en vigueur restreint leurs emplois, dans de nombreux pays. Par exemple, l'Italie qui fut l'un des derniers pays européens à bannir les phtalates comme plastifiant dans les films étirables alimentaires, leur absence reste aujourd'hui un argument : "No ftalato". Le risque de leur utilisation reste élevé dans ces articles venus d'ailleurs, Asie en particulier, car les phtalates ont des performances inégalées pour un prix raisonnable.

Il apparaît alors une contradiction : d'un côté nombre de pays Européens poussent (par l'intermédiaire des réglementations) à la diminution de l'utilisation de ces agents chimiques, mais d'un autre côté, l'importation ne semble pas disposer d'un système de contrôle suffisant pour garantir un emploi respectueux, non seulement des réglementations, mais avant tout des personnes.

Cette omniprésence dans nos produits de consommation a suscité certaines inquiétudes de la part des organismes de santé publique qui étudient donc depuis plus de 20 ans leur toxicité et les effets possibles des phtalates sur l’être humain et son l'environnement.

* Les jouets et articles pour enfants vendus aux États-Unis ne devront plus contenir certains phtalates, a décidé le Congrès américain.
La mesure pourrait entrer en vigueur si la Maison-Blanche n’y met pas son veto.
Les produits incriminés sont les DEHP, DBP et BBP. D’autres phtalates sont également sur la sellette, mais les autorités fédérales veulent en réévaluer les risques pour la santé avant de statuer sur leur avenir.
Les phtalates sont des plastifiants utilisés dans une foule de produits de consommation courante, principalement pour les rendre souples et flexibles.
Considérés comme toxiques pour la reproduction humaine, plusieurs sont déjà interdits dans l’Union européenne.

 

Modes d'exposition :

La libération des phtalates dans l’environnement est possible en raison de la faiblesse des liaisons covalentes de ces composés aux polymères. En toxicologie, quatre types d’exposition sont souvent étudiés :

-         inhalation,

-         ingestion,

-         intraveineuse,

-         contact cutané.

 

- L’inhalation de phtalate n’est pas prépondérante car ces composés sont très peu volatils, il faut tout de même considérer le risque dû aux aérosols dans les cosmétiques (parfums, déodorants) et aux colles.

 

- L’exposition via l’ingestion de phtalates est déjà nettement plus critique. Dans les pays où les phtalates sont encore admis dans les matériaux plastiques au contact des aliments, les phtalates migrent vers les aliments riches en graisses tels le fromage ou la viande. La valeur moyenne ingérée de cette manière est de 0,25 mg/jour. Malgré cela, des chercheurs de l'Institut national de santé publique du Québec(INSPQ) ont déclaré que 12% des gens dépasseraient la dose tolérée pour le DEHP selon la communauté européenne (soit 0,037mg/kg de poids corporel/jour). Les enfants courent un risque plus élevé du fait de leur tendance à porter à la bouche les jouets en plastique parce que les phtalates peuvent migrer dans la salive.

- La libération de phtalates par la voie intraveineuse représenterait une autre voie d’exposition non négligeable. En marge de ces expositions plutôt courantes, il peut aussi se produire des problèmes lors d’une longue hospitalisation pour laquelle l’organisme est exposé aux phtalates à travers les appareils médicaux comme les poches de sang ou les sondes intraveineuses. La quantité à laquelle le patient est exposé est faible mais l’exposition est directe puisque les composés passent directement dans le sang. Cela devient encore plus critique lorsqu’il s’agit d’un bébé ou d’une femme enceinte car les effets sur la fertilité et la croissance sont reconnus.

- Enfin la présence de phtalates dans les produits cosmétiques est une source d’exposition supplémentaire car la migration des phtalates dans les graisses du corps humain se fait par contact cutané directement.


NB : Les phtalates pourraient aussi être transmis via le lait maternel.

Toxicité, risques pour la santé humaine et l'environnement :

  • Les effets secondaires provoqués par phtalates en concentrations relativement élevées chez les animaux en laboratoire sont :
    • la baisse de la fertilité,
    • l'atrophie testiculaire,
    • la réduction du poids du fœtus,
    • la mortalité fœtale,
    • et des malformations.
    • Certaines phtalates possèdent également un effet perturbateur endocrinien et peuvent provoquer des anomalies du développement sexuel chez le jeune rat mâle exposé in utero.
    • De plus, il a été registré des effets sur le foie, les reins et le système reproducteur mâle.

Les effets varient d’un phtalate à un autre. La dose journalière tolérable (NOAEL) pour les rats se situe entre 50 et 600 mg/kg/jour, la dose la plus basse à laquelle aucun effet toxique n'est observé chez l’animal est de 50 mg/kg/jour.

La toxicité des phtalates les plus employés, tel le DEHP, est assez bien connue. Il reste cependant quelques suspicions à propos des effets cancérigènes de ces phtalates. Bien que des effets aient été prouvés sur des rongeurs (tumeurs hépatiques), les mécanismes biologiques n’étant pas rigoureusement identiques, il n’est pas possible d’affirmer que les phtalates soient cancérigènes pour l’homme.

  • Les effets toxiques des phtalates dépendent de leur type et de leur concentration. Lorsque toutes ces expositions sont combinées, l'exposition individuelle est nettement plus élevée qu'on ne le pensait. Chez les enfants, on considère qu'ils sont plus exposés parce qu’ils absorbent une plus grande quantité d’aliments que les adultes par rapport à leur poids corporel et parce qu'ils portent des objets en plastique à leur bouche. Par exemple, les études d’exposition interne des 8 phtalates (DMP, DEP, DBP, DnBP, BBzP, DEHP, DINP, DIDP) en μg/kg de poids corporel par jour, ont donné les doses journalières suivantes :


Tableau 2. Dose d'exposition des phtalates par jour :

personne

l'âge, ans

poids, kg

dose journalière, μg/kg de p.c./jour

les enfants

0-1

5,5

55-380

 »

1-3

13

20-183

 »

4-10

27

5-54

femmes

18-80

60

8-124

hommes

18-80

70

8-92

 

  • Les phtalates sont des polluants organiques semi-volatils très répandus dans l’environnement des zones urbaines. Les phtalates sont bioaccumulables et sont limités par la biodégradation. Dans l’environnement, leur biodégradation se réalise par des microorganismes aérobies ou anaérobies. Les phtalates avec masse moléculaire, plus légers, sont plus facilement biodégradés. Il faut également tenir compte de la teneur des organismes en lipides qui majore la concentration de ces composés hydrophobes. Les niveaux de présence du DEHP dans l'atmosphère : 0.3 – 77 ng/m3, eaux de surface : 0.3 – 98 μg/L, sédiments : 0.2 – 8.4 mg/kg PS.

L’étiquetage de ces composés nécessite la mention « Toxique » et certains portent aussi la mention « Dangereux pour l’environnement », notamment pour les organismes aquatiques, car les phtalates étant hydrophobes, ils ont une affinité avec les graisses des poissons.

De même, une exposition prolongée entraîne chez les végétaux une bioaccumulation de phtalates dont la biodégradation n’est pas suffisamment rapide Celle-ci est d’ailleurs estimée à quelques jours dans notre organisme, il n’est cependant pas exclu que les monoesters résultant de la dégradation des phtalates soient aussi en partie responsables de leur toxicité.

 

Le DBP* peut-il avoir des effets sur l’environnement?

Le DBP ne se décompose pas dans l’eau mais bien dans le sol.

Le DBP peut être libéré à différentes étapes, que ce soit durant la production, la distribution, la transformation, l’utilisation, l’incinération ou la mise en décharge.

On trouve des concentrations élevées de DBP dans l’environnement, principalement dans les eaux usées et les eux de surface avoisinant les sites de production et de transformation. On peut aussi trouver le DBP dans les sédiments et les sols, ainsi que dans les organismes vivant dans les eaux et les sols proches des sources. Les plus fortes concentrations dans l’atmosphère se trouvent près des sites de transformation des PVC.

Lorsqu’il est présent dans l’environnement, le DBP ne semble pas avoir d’effets néfastes sur la plupart des organismes qui s’y trouvent. Il est toxique ni pour les microbes, ni pour les plantes et animaux vivant dans l’eau, pas plus que pour les vers de terre et les mouches. Sur terre, les plantes peuvent pâtir de la présence de DBP dans l’atmosphère.

Le rapport européen d’évaluation des risques (European Union Risk Assessment Report, la source de ce dossier) a conclu que les concentrations attendues dans l’air à proximité des sites de production de DBP pourraient nuire aux plantes et des mesures supplémentaires de réduction de risques sont nécessaires.

 

 

* Le DBP est un phtalate qui possède la même structure centrale que le DIDP et le DINP mais avec deux chaînes latérales plus courtes, possédant chacune quatre atomes de carbone. Le DBP est un liquide huileux soluble dans la graisse et légèrement soluble dans l’eau. Il n’est pas très volatile et ne s’évapore donc pas rapidement dans l’atmosphère.

Plus de 75% du DBP est utilisé comme plastifiant dans des polymères comme le PVC, 14% est utilisé dans les adhésifs, 7% dans les encres d’imprimante et 3% dans d’autres usages divers, dont les mastics et agents de jointoiement utilisés dans la construction, de même que des produits de consommation tels que les cosmétiques.

 

 

Aujourd’hui un nouveau-né arrive au monde déjà contaminé

 

Interview du Charles Sultan (pédiatre endocrinologue) :

Quel est, aujourd'hui, votre message ?

Il y a deux ans, une équipe américaine a montré que, dans le sang du cordon du nouveau-né, il y a plus de 250 produits chimiques. L'an dernier, une équipe anglaise a mis en évidence dans les premières selles du bébé - le méconium - plus de 50 produits chimiques.Le nouveau-né arrive donc au monde déjà contaminé par des dizaines, voire des centaines de polluants chimiques. Cette pollution, on la trouve dans l'eau, l'air, l'environnement intérieur et extérieur. Il y a des preuves irréfutables d'un lien entre la fréquence des maladies endocriniennes de l'enfant et l'environnement, néonatal, prénatal ou postnatal, dans le quel il vit. Autre message-clé : il a été démontré que de nombreux pesticides, qui sont anti-androgènes, provoquent des malformations génitales chez les nouveaux-nés. Les cellules supports de la spermatogénèse sont altérées, d'où, à l'âge adulte, une diminution du sperme, et une augmentation du risque de cancer du testicule. On est donc là en présence d'un nouveau type de maladie : l'origine fœtale d'une maladie adulte. C'est vrai pour les malformations du testicule, les retards de croissance, les précocités pubertaires chez la petite fille. De plus, il y a un lien entre cette précocité pubertaire et le risque de cancer du sein. L'une des causes de l'augmentation de ce cancer serait l'hyperoestrogénisation durant la vie post-natale.

 

Les animaux sont aussi contaminés par tous ces polluants ?

On le sait depuis longtemps ! Il a été démontré que, chez eux, l'effet des pesticides peut se retrouver sur plusieurs générations. Il n'existe pas un exemple de la faune qui ne présente pas des signes de dévirilisation : les poissons, les alligators, les mouettes, les hyènes, les crapauds. Ces derniers boivent l'eau de ruissellement des routes qui contiennent des pesticides.

 

La France est spécialement touchée ?

Avec 100 000 tonnes par an, elle est le premier utilisateur au monde de pesticides par rapport à sa surface. L'Institut français de l'Environnement et des eaux a montré que 95 % des rivières et 65 % des nappes phréatiques étaient touchées.

 

Les produits en question sont des produits courants ?

Très. Pesticides, herbicides, cosmétiques contenant des pesticides, boîtes de conserves… biberons, jeux d'enfant. Les tapis, les rideaux, les bois, tout est recouvert de produits chimiques dangereux. Les ordinateurs libèrent des biphényles polychlorés. Il faut prendre des mesures, il faut que les citoyens soient conscients des choix qu'ils ont à faire. Le consommateur doit devenir consomm-acteur !

 

L'humanité est menacée ?

L'homme en voie de disparition ? D'autres l'ont dit avant moi il y a plus de 10 ans !

 

Il y a 30 ans, à Seveso...

En juillet 1976, une fuite de dioxine contaminait Seveso, en Lombardie. Près de 2000 habitants furent évacués. L'accident a marqué, dans toute l'Europe, la prise de conscience du risque chimique. L'étude épidémiologique a montré une légère augmentation, à Seveso, des cancers du système lymphatique, des leucémies et des diabètes, sans toutefois qu'ils puissent être imputés à la dioxine.

En revanche, le docteur Mocarelli, professeur de biochimie à la faculté de Milan, affirmait, voilà sept ans, que le produit atteignait le système de reproduction des êtres humains. Depuis l'accident, il naît à Seveso beaucoup plus de filles que de garçons. Carlo Alberto Redi, professeur de biologie de l'environnement, avait trouvé des résultats comparables concernant les animaux. Des études ont montré que, même à faible dose, la dioxine, molécule organo-chlorée, que l'on retrouve dans les viandes, le lait, les poissons, pourrait détraquer notre système hormonal et réduire la fertilité. L'usine Icmesa de Seveso fabriquait des pesticides.
En France, le professeur Sultan, déclarait à l'époque qu'il rencontrait, dans sa clinique de Montpellier, de plus en plus de jeunes garçons présentant des malformations de l'appareil génital…

Les animaux aussi...

Les conséquences de la pollution sur la vie animale sont connues depuis des dizaines d'années et ne sont plus à démontrer. Tout récemment, à Toulon, lors d'une conférence consacrée à la pollution en Méditerranée, le directeur du programme de conservation du WWF déclarait à propos des rejets chimiques : « Proches de celles des hormones mâles ou femelles, une bonne partie des molécules issues des rejets chimiques des exploitations agricoles et des industriels, peuvent modifier la différenciation sexuelle des poissons ». D'autres populations animales sont affectées (anomalies du système reproducteur, baisse de la fertilité, malformations) : coquillages, mouettes, phoques, tortues, reptiles, grenouilles, sauriens.

 

Des perturbateurs qui se prennent pour des hormones :

On les appelle perturbateurs endocriniens. Ils font figure de suspects numéro un. Des milliers de molécules répandues dans notre environnement quotidien : pesticides, cosmétiques, plastiques, peintures, détergents... Elles perturbent le système hormonal, en empêchant les hormones d'agir ou en prenant leur place sur les cellules cibles. Certaines sont soupçonnées de nuire au développement des foetus mâles.

Foetus en première ligne :

L'hypothèse du médecin danois Niels Skakkebaek, vers laquelle convergent les chercheurs : trois phénomènes en augmentation :

-         sperme appauvri,

-         cancer des testicules,

-          malformation génitale

Ces 3 phénomènes trouveraient leur origine dans le ventre de la mère. En Grande-Bretagne, Richard Sharpe a exposé des rats à des perturbateurs endocriniens dans le ventre maternel. Résultat : malformations génitales. Dans l'affaire du Distilbène, des hormones de synthèse censées empêcher les fausses couches, ont donné cancers et malformations aux filles des femmes à qui elles étaient administrées.

Le phtalate nuit gravement aux testicules :

Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens répandus partout, en particulier dans les cosmétiques et dans les plastiques : emballages, vêtements synthétiques, matériel médical (poches de sang...). En septembre, le Pr René Habert (université Paris 7-Inserm) a montré, en collaboration avec les Pr Virginie Rouiller-Fabre et René Frydman, que l'un de ces phtalates, le DEHP, nuit au développement des testicules. C'est la première fois que la démonstration est faite sur des organes humains (issus d'interventions volontaires de grossesse). Pour le Pr Habert, qui travaille avec le Rennais Bernard Jegou (président du Conseil scientifique de l'Inserm), c'est une évidence :

« Il est urgent d'agir. »

L'industriel rassure :

Commentaire d'Arkema, géant de la chimie dont l'usine de Chauny (Aisne) est la seule en France à produire du DEHP et ose encore déclarer :« Le risque est extrêmement réduit pour la santé et l'environnement. Après plus de cinquante ans d'utilisation, il n'existe aucun cas répertorié d'effet nocif pour l'être humain. »

On se demande ce qu’il leur faut ?

Attention aux cocktails !

La démonstration est faite pour le DEHP. Le règlement européen Reach sur les substances chimiques va en limiter l'usage. Restent les milliers de molécules dont on ne sait pas grand-chose. 40 000 devraient être testées d'ici à 2018. Mais une à une, pas en mélanges, comme elles se présentent dans la vraie vie. Or, là aussi, les preuves s'accumulent : une molécule sans effet plus une molécule sans effet, ça donne parfois un cocktail explosif.

Recherche spermatozoïdes désespérément :

Au début des années 1990, Niels Skakkebaek a analysé soixante études. En cinquante ans, le nombre de spermatozoïdes avait diminué de moitié. Pierre Jouannet, de l'hôpital Cochin (Paris), a confirmé, en 1996, une baisse de 2 % par an, à partir des prélèvements de sperme congelé conservés par les Cecos (« banque de sperme »). Un homme d'aujourd'hui produit moitié moins de spermatozoïdes que son grand-père.

Le cancer des testicules en augmentation :

Autre mauvaise nouvelle : en quarante ans, le nombre de cancers des testicules a doublé. C'est le cancer le plus répandu chez les hommes de 15 à 30 ans.

Aligators à petit pénis :

En Floride, Lou Guillette constate que des alligators soumis à certains pesticides agricoles développent de petit pénis et des testicules atrophiés.

Le mâle va mal :

C'est le grand mérite du documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade diffusé sur Arte : faire la synthèse des recherches qui, depuis vingt ans, mènent à la conclusion que les mâles sont menacés. Conséquence pour tout le monde, hommes et animaux : de plus en plus de difficultés à se reproduire. Et, à part l'homme, bien peu ont accès à la fécondation in vitro.

Des informations complémentaires :

Les chercheurs de l’Unité Mixte de recherche Gamétogenèse et Génotoxicité INSERMCEA- Université Paris 7 dirigée par René Habert, Professeur à l’Université Paris-Diderot Paris 7, a démontré expérimentalement que les phtalates, des composés biodégradables que l’on retrouve dans les plastiques dits souples, étaient délétères pour la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine.

Au cours des dernières années, l’inquiétude et le débat se sont cristallisés sur l’augmentation des troubles de la reproduction masculine. De nombreuses études montrent clairement que la production spermatique humaine est en constante diminution. Actuellement on estime que dans les pays industrialisés, un homme produit deux fois moins de spermatozoïdes que son grand-père n’en produisait au même âge. En outre, la fréquence du cancer testiculaire a augmenté de façon régulière au cours des dernières décennies. Enfin, il est probable que l’incidence des malformations congénitales des organes génitaux externes masculins soit aussi en augmentation constante.


L’hypothèse la plus probable est que toutes ces anomalies de la reproduction masculine résultent d’une altération du développement du testicule pendant la vie foetale et néonatale.
Des arguments épidémiologiques, cliniques et expérimentaux laissent supposer que ces troubles résultent des effets délétères des polluants qui agissent en perturbant le fonctionnement des hormones. Parmi ces perturbateurs endocriniens, plusieurs études incriminent les phtalates qui sont produits en très grandes quantités par les industries des plastiques. Cependant, jusqu’à présent aucune étude expérimentale n’avait mis en évidence un effet délétère des phtalates sur la reproduction humaine.


Les chercheurs de l’Unité Mixte de recherche Gamétogenèse et Génotoxicité INSERM-CEAUniversité Paris Diderot ont développé une collaboration avec le Service de Gynécologie- Obstétrique du Pr René Frydman pour mettre au point un système de culture original de testicules foetaux humains. Le Pr Virginie Rouiller-Fabre responsable de ce programme a réussi à reproduire dans une boîte de culture le développement du testicule observé in vivo.


Dans ce système, l’ajout de MEHP (Mono(Ethylhexyl)-phtalate), le métabolite actif du DEHP (Di(Ethylhexyl)-phtalate), un phtalate largement répandu, provoque au bout de 3 jours la disparition de 40% des cellules germinales foetales. Ces cellules sont les précurseurs desspermatozoïdes et on sait que, chez la souris, la réduction expérimentale de leur nombre se traduit par une diminution de la production de spermatozoïdes à l’âge adulte.
Ce travail a été soutenu par les financements publics de l’Agence Nationale pour la Recherche, de l’INSERM, du CEA et de l’Université Paris-Diderot – Paris 7.

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Tag(s) : #Nos aliments en question

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